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Sur le chemin de Saint-Jacques de Compostelle,
la chapelle templière Sainte
Catherine est à
l'entrée Nord-Ouest de Brocéliande ( Lizio ).
La fête de cette chapelle est le 11 Avril,
il s'y déroule un phénomène lumineux...
La légende qui suit semble être la seule à peindre les Templiers de Haute Bretagne,
les moines rouges (1), sous un jour favorable.
" Au temps jadis, les habitants de Ploubalay étaient en mauvais renom dans tout le pays
d’alentour ; on dit même que les recteurs des paroisses voisines avaient adopté une
sonnerie spéciale qui conseillait aux gens de faire attention à leurs bêtes et à leurs filles,
parce que, comme on disait, les Ploubalay étaient dehors. Parmi eux il y en avait cinq,
plus méchants que les autres, qui partirent pour Matignon, se promettant d’y rançonner
les gens.
L’un d’eux pourtant n’était pas entièrement corrompu et il avait plus d’une fois soigné
ceux qu’avaient blessés ses compagnons, ou restitué la part du butin qui lui revenait.
Comme ils passaient par Trégon, ils rencontrèrent un chevalier monté sur une maigre
haridelle, et suivi d’un seul serviteur assez pauvrement vêtu. Il leur demanda quel chemin
il fallait prendre pour arriver à Saint-Jacut-de-la-Mer. Au lieu de lui répondre, les quatre coquins
l’attaquèrent à l’improviste, tuèrent son valet et s’acharnèrent à le frapper lui-même jusqu’au
moment où il ne donna plus signe de vie. Après avoir pris au maître et à son serviteur ce
qu’ils avaient d’argent, ils continuèrent leur route, sans s’occuper du cheval qui leur paraissait
de trop peu de valeur.
Le voleur compatissant resta en arrière de ses compagnons pour rendre les derniers
devoirs à ceux qui venaient d’être tués. Il creusa une fosse assez profonde pour contenir
deux corps, et il y déposa d’abord le cadavre du serviteur ; mais comme il soulevait le chevalier,
il s’aperçut qu’il respirait encore. Il courut à une source qui se trouvait dans les bois de la Villegueury,
et en rapporta un peu d’eau, à l’aide de laquelle il fit revenir le chevalier. Quand celui-ci eut repris
ses sens, il remercia l’homme qui l’avait secouru, et lui conseilla d’aller rejoindre ses compagnons.
Non, dit le voleur ; je ne vous abandonnerai pas dans l’état où vous êtes ; laissez-moi vous remettre
sur votre cheval, je le tiendrai par la bride, et vous conduirai à un endroit où l’on pourra vous soigner
- Bien grand merci, répondit le chevalier, et quand il se fut soulevé à l’aide du voleur, il se mit en
selle aussi aisément que s’il n’avait eu que vingt ans, et que s’il n’eût jamais été blessé.
A peine l’homme de Ploubalay, qui se nommait Jean, eut-il pris la bride du maigre coursier,
qu’il se sentit soulevé de terre et comme porté, et il put sans nulle fatigue suivre le galop rapide
du cheval. En arrivant à Matignon il vit ses quatre compagnons que les soldats de M. de Gouyon
emmenaient à la Roche-Gouyon pour y être pendus. « Mon fils, lui dit le chevalier, si vous
n’aviez pas été charitable, vous auriez eu le sort de ces malheureux : que Dieu et la Vierge
vous gardent ! » Ils traversèrent Matignon sans s’y arrêter, et arrivèrent à la chapelle du Temple
de Pléboulle lorsque la nuit était déjà close depuis longtemps. Jean fut bien étonné
de voir qu’elle était splendidement éclairée ; la porte s’ouvrit d’elle-même, quand
son compagnon se présenta, et il le suivit. Le chevalier se prosterna sur les dalles, et,
après y être resté longtemps en prières, il se releva et dit à Jean : « Je suis le grand-Maître des
Templiers, les chevaliers sans peur et sans reproche ; vous m’avez sauvé la vie sans savoir
qui j’étais, et Dieu m’envoyait vers vous pour vous retirer de la voie que vous suiviez ; car si
jusqu’ici votre bon cœur vous avait rendu moins méchant que vos compagnons, vous auriez fini
par devenir comme eux. Vous avez beaucoup à expier ; mais votre charité vous a déjà fait obtenir
un peu de miséricorde. Voulez-vous retourner dans le monde où vous vous perdriez
encore peut-être, ou rester ici à jamais ? »
Jean répondit qu’il resterait avec le chevalier.
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Depuis il vit dans le souterrain qui conduit de la chapelle à la vieille tour dont
on voit les ruines sur le tertre de Montbran. Quelques personnes l’ont aperçu
lorsque, par les nuits sombres, il quitte sa retraite ignorée des hommes
pour se promener parmi eux. Sa barbe est si longue que, pour pouvoir marcher,
il lui faut la relever et la mettre sur son épaule, et elle est si touffue que l’on dirait
qu’il porte un sac de grains.
Souvent la chapelle semble entourée d’étranges clartés ; c’est alors que les spectres
des compagnons de Jean viennent le supplier de les prendre en pitié et d’intercéder
pour eux. "
. Lux lucet in tenebris (2) ...Genèse de la Lumière :
" Dieu (les Elohim) dit
Que la Lumière soit
Et la Lumière fut.
Dieu vit que la Lumière était bonne;
Et Dieu sépara la Lumière des ténèbres".
Dans l'Evangile de Jean, nous lisons :
"Au commencement, était la Parole,
Et la Parole était avec Dieu et la Parole était Dieu.
Elle était au commencement avec Dieu.
Tout a été fait par Elle, et sans Elle, rien n'a été fait.
En Elle était la vie, et la vie était la Lumière des hommes.
La Lumière brille dans les ténèbres
Et les ténèbres ne L'ont pas reçue".
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(1) Les moines rouges
(2) Jean I, 5
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